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Le conseiller présidentiel Saleh Ould Dahmash écrit : Quel genre de Mauritanie voulons-nous ? La question revient à son origine.
Opinions

Le conseiller présidentiel Saleh Ould Dahmash écrit : Quel genre de Mauritanie voulons-nous ? La question revient à son origine.

26-09-2026   -   10:58  

Il existe des questions qui ne vieillissent jamais, car elles ne sont pas destinées à recevoir une réponse unique, mais plutôt à voir leurs réponses réexaminées à chaque génération. La plus importante d'entre elles est une question soulevée il y a près de sept décennies, et que Son Excellence le Président de la République a de nouveau posée il y a quelques jours, au début de sa visite de travail dans les régions d'Adrar et d'Inchiri. J'ai suivi cette visite avec la responsabilité d'un conseiller et la conscience d'un citoyen, tous deux soucieux de l'avenir de la nation. Il m'a semblé que c'est cette question qui donne à cette visite toute sa signification profonde, plus encore que les programmes et les personnalités, aussi importants soient-ils. Elle recèle une vision de l'État qui relie son présent à son passé et l'interroge sur l'avenir qu'il souhaite.

 

À Atar, devant la foule d'Adrar, Son Excellence le Président a rappelé un discours prononcé dans cette même ville, trois ans avant l'indépendance, par le président fondateur, Mokhtar Ould Daddah, que Dieu ait son âme. À cette époque, la nation n'était encore qu'un concept en gestation, et le fondateur avait interpellé tous les Mauritaniens depuis Atar : « Quelle Mauritanie souhaitez-vous ? » Depuis ces deux discours, bien des choses ont changé : l'idée est devenue un État, sa population a doublé, et la plupart de ses habitants sont aujourd'hui jeunes, instruits, ouverts d'esprit et ambitieux. Pourtant, le lieu demeure le même, et la question reste la même – une coïncidence que seule une profonde connaissance de l'histoire peut expliquer.

 

Cette invocation revêt une signification qui dépasse son sens littéral ; le présent est le prolongement du passé, et non une rupture avec lui. Son Excellence le Président a salué les efforts des générations successives de dirigeants du pays. Cette vision n’est pas nouvelle ; il l’a affirmée dès son discours de campagne présidentielle de 2019, en déclarant que chacun de ces dirigeants avait « posé, à sa manière, une brique à la construction de cet édifice dont l’œuvre est sans fin ». Cette même vision est inscrite dans les principes de droit public relatifs à la continuité de l’État : l’État est une entité juridique permanente qui transcende les individus par son existence, et ses obligations et ses réalisations se transmettent d’une génération à l’autre. Ce qui repose sur la rupture reste limité dans son impact, tandis que ce qui repose sur la reconnaissance devient un trésor pour l’avenir.

 

Ceux qui rattachent leur discours au fondateur ne posent pas de questions visant à démanteler l'édifice. C'est pourquoi, dans son allocution, Son Excellence le Président a pris soin de définir le cadre et les paramètres de telles questions, excluant de tout débat la définition de la nation, ses fondements et principes républicains, ainsi que son identité culturelle et civilisationnelle. Ces éléments constituent des constantes, comparables, en termes juridiques, à des règles impératives qui ne peuvent être modifiées par accord, tandis que tout le reste demeure ouvert à l'interprétation. Ainsi, le dialogue national attendu trouve son équilibre : un dialogue libre de toute interdiction et affranchi de toute injonction, car les constantes sur lesquelles il repose le protègent au lieu de le restreindre. Son objectif, tel que défini par Son Excellence le Président, est de renforcer la cohésion sociale, de consolider les liens civiques et de rendre les institutions plus harmonieuses et efficaces.

 

Dans la région d'Adrar, après Atar, la question est passée du domaine des idées abstraites aux réalités concrètes du quotidien : l'école et la mémoire des manuscrits, les villes de l'intérieur où les jeunes sont censés trouver du travail et non un simple billet d'avion, et les oasis qui attendent d'être aménagées et desservies par des routes pour rompre leur isolement. À travers tout cela, une question résonne : comment l'appartenance à un lieu peut-elle devenir une opportunité pour l'avenir, plutôt qu'une raison de le chercher ailleurs ?

 

 

À Inchiri, la question a été abordée sous un angle plus large, passant du potentiel à la réalisation, de l'intérieur vers l'extérieur. À Akjoujt, Son Excellence le Président a évoqué la position du pays et la confiance qu'il a su instaurer aux niveaux régional et international, à l'heure où le multilatéralisme s'essouffle et où les organisations internationales rencontrent des difficultés croissantes pour remplir leurs missions. Avec l'éloquence de celui qui comprend l'ampleur des défis et ne les minimise pas, il a établi une distinction entre richesse potentielle et richesse réelle : entre les immenses ressources qui permettent à un pays d'accéder à la richesse et leur transformation en une prospérité tangible pour ses citoyens, se traduisant par un meilleur accès aux services et une plus grande satisfaction dans leur vie quotidienne. Combien de pays dans le monde ont possédé des richesses sans pour autant parvenir à la prospérité ! Cette dualité a été reconnue par les penseurs depuis Aristote et Ibn Rushd, mais ici, elle transcende le cadre du discours académique pour devenir la pierre angulaire du programme « Mon Ambition pour la Nation », assorti de conditions clairement définies : une sécurité stable, des infrastructures modernes, des ressources financières mobilisées et des partenariats diversifiés. Ici, l'intérieur rencontre l'extérieur, et la mémoire de l'État rencontre son avenir, face à une question fondamentale : comment construire une patrie qui accueille ses générations, préserve ses acquis, donne au présent le droit au développement et laisse à ceux qui viendront après elle un héritage digne de servir de base ?

 

Ainsi, invoquer le discours du président fondateur, Mokhtar Ould Daddah, que Dieu ait son âme, n'était pas simplement une célébration du passé, mais une réaffirmation qu'un État ne se définit pas par les réalisations d'une seule autorité à son époque, mais plutôt par l'héritage accumulé des générations successives au sein de la mémoire collective d'une seule nation. Cette question a été soulevée à deux reprises dans Atar, couvrant toute la durée de vie d'une nation. Aujourd'hui, elle n'est plus seulement posée par ceux qui l'ont posée, mais est devenue une responsabilité qui nous incombe à tous. Chaque génération n'hérite pas d'une nation complète, mais de ce qui a été construit par ceux qui l'ont précédée, et devra rendre des comptes pour ce qu'elle lègue aux générations futures.

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